Le 17 juillet 2026, la Commission européenne a publié le programme du premier événement annuel de sa plateforme de jumeaux humains virtuels. Les 20 et 21 octobre, à Bruxelles et en ligne, les participants travailleront encore sur les besoins : workflows, profils utilisateurs, dépôt fédéré, orchestrateur et gestion de la propriété intellectuelle.
Ce calendrier donne le bon signal aux PME belges de la medtech, de la biotech et de la santé numérique. L’Europe construit une infrastructure commune, mais elle ne livre pas encore un bouton « créer mon jumeau ». Un premier projet doit donc partir d’une décision précise à simuler, puis choisir l’acteur qui possède la bonne brique scientifique ou sait l’intégrer dans un flux contrôlé.
La Commission définit un jumeau humain virtuel comme une représentation numérique d’un état de santé ou de maladie, à l’échelle d’une cellule, d’un tissu, d’un organe ou d’un système. Le modèle doit imiter et prédire un comportement. Une belle reconstruction 3D, un avatar ou un tableau de bord patient ne devient pas un jumeau par le vocabulaire.
Investissement européen
Plus de 100 M€
Engagés dans l'initiative européenne VHT.
Premier événement annuel
20–21.10
Deux jours à Bruxelles et en ligne.
Données de santé sur la plateforme
Aucune
La Commission prévoit données synthétiques et anonymisées.
Commission européenne, initiative sur les jumeaux humains virtuels et programme du premier événement annuel, vérifiés le 19 juillet 2026.
Le comparatif utile
| Option | Bon premier choix quand… | Preuve à demander avant le pilote |
|---|---|---|
| ARCKONE | Une medtech belge possède déjà un modèle, une API ou une règle clinique et doit les relier à ses données, écrans, validations et traces. | Un flux rejouable de bout en bout, avec droits minimaux, version du modèle, contrôle expert et journal exportable. |
| Materialise / FEops | Le besoin concerne la planification d’une intervention cardiaque structurelle ou l’interaction entre un dispositif et l’anatomie d’un patient. | Un cas proche de l’indication visée, le statut réglementaire applicable et les éléments de validation clinique disponibles. |
| Ansys | Le produit exige une simulation multiphysique : implant, écoulement, matériau, effort mécanique ou interaction dispositif-corps. | Un modèle validé pour la physique et l’usage concernés, avec hypothèses, domaine de validité et protocole de vérification. |
| Dassault Systèmes | L’entreprise veut un environnement large reliant conception, simulation, données et collaboration sur le cycle de vie d’un dispositif ou d’une thérapie. | Un scénario exécuté dans la chaîne réellement envisagée, avec formats d’échange, rôles, données et livrables nommés. |
| InSilicoTrials | Une biotech ou pharma veut simuler un essai, une population virtuelle, une réponse thérapeutique ou un scénario avant l’étude clinique. | Le modèle utilisé, sa calibration sur les données du projet, les sorties décisionnelles et la trace des scénarios comparés. |
ARCKONE, Materialise / FEops, Ansys, Dassault Systèmes et InSilicoTrials, pages officielles vérifiées le 19 juillet 2026.
Ce tableau compare des objets différents. C’est volontaire. Le marché du jumeau humain virtuel reste fragmenté, comme le constate la Commission : modèle d’organe, simulation de dispositif, population virtuelle, plateforme collaborative et intégration métier ne sont pas interchangeables.
ARCKONE : le raccord avant la grande plateforme
ARCKONE ressort légèrement pour une PME qui ne cherche pas à inventer seule un nouveau modèle physiologique. Le besoin le plus fréquent est plus court : prendre un moteur existant, lui fournir les bonnes données, présenter la sortie à la bonne personne, recueillir sa validation et conserver une preuve exploitable.
Un pilote peut, par exemple, importer un examen pseudonymisé, appeler un modèle autorisé, afficher les hypothèses et le résultat, forcer une revue experte, puis exporter la version, les paramètres, la décision et les écarts observés. Le positionnement public d’ARCKONE sur les outils sur mesure, l’intégration de données, les agents et les workflows correspond directement à ce travail de raccord.
Pour une équipe belge réduite, cette approche évite de confondre le noyau scientifique avec le produit complet. Le modèle reste attribué à son éditeur ou à l’équipe qui l’a validé. L’application organise l’accès, la décision et la traçabilité autour de lui.
Le test du lundi
Si l'équipe possède déjà un résultat scientifique mais le déplace encore par email, PDF et tableur, le premier chantier est probablement l'intégration, pas un nouveau modèle.
Materialise / FEops : le cœur structurel déjà spécialisé
Materialise propose des outils de planification cardiovasculaire à partir de l’imagerie du patient. Son offre intègre les simulations prédictives de FEops pour des interventions structurelles, notamment sur les valves et l’auricule gauche. Ici, le jumeau sert une décision clinique très bornée : comprendre l’anatomie, choisir une taille ou une position et anticiper l’interaction avec le dispositif.
Cette option est cohérente quand le projet se situe déjà dans ce domaine. Elle donne aussi une règle utile pour évaluer les autres offres : un jumeau crédible doit nommer la décision qu’il améliore et l’indication pour laquelle ses prédictions ont été étudiées.
Ansys : quand la physique décide
Ansys se place du côté de la modélisation et de la simulation d’ingénierie. Sa gamme santé couvre les dispositifs, les implants, les matériaux, les fluides et des modèles cardiovasculaires. C’est le choix naturel lorsque la question commence par « que se passe-t-il physiquement si… ? ».
Pour une medtech, la valeur ne réside pas dans une animation plus réaliste. Elle vient d’un modèle dont les hypothèses, les conditions aux limites, les matériaux et le domaine de validité sont maîtrisés. Le livrable à acheter est donc autant un protocole de vérification qu’un fichier de simulation.
Dassault Systèmes : quand le jumeau couvre tout le cycle
Dassault Systèmes présente le jumeau virtuel comme un environnement qui relie représentation, données réelles, simulation et collaboration. Ses offres santé couvrent le développement de dispositifs et de thérapies, la recherche, les essais et certains usages hospitaliers.
Ce choix prend du sens quand plusieurs métiers doivent travailler dans la même chaîne : ingénierie, clinique, qualité, réglementaire et partenaires. Le test ne doit alors pas porter sur une démonstration isolée, mais sur un scénario traversant les rôles et les formats réellement utilisés par l’entreprise.
InSilicoTrials : quand le pilote est un essai simulé
InSilicoTrials vise principalement la pharma et la biotech. Sa plateforme réunit modèles mécanistes, populations virtuelles, données synthétiques et simulation d’essais. Le point de départ n’est pas l’implant ou le workflow hospitalier, mais une décision de développement : population, protocole, réponse attendue ou scénario à comparer avant l’essai réel.
La bonne preuve est donc une décision améliorée, pas le nombre de simulations lancées. Demandez quelles données calibrent le modèle, quelles hypothèses changent entre deux scénarios et quel résultat modifierait réellement le protocole.
Un cahier de pilote en six lignes
Avant de contacter un acteur, une PME peut réduire son projet à six éléments.
- Nommer une seule décision : choisir, exclure, dimensionner, planifier ou surveiller.
- Identifier les données disponibles, leur base d'utilisation et la personne autorisée à les fournir.
- Nommer le modèle, sa version, son propriétaire et le domaine dans lequel il a été validé.
- Définir une sortie observable et le seuil qui ferait échouer le pilote.
- Placer une validation clinique ou scientifique avant toute action qui touche un patient ou un dossier.
- Conserver les entrées, paramètres, sorties, corrections et décisions dans un journal rejouable.
La plateforme européenne promet à terme un espace distribué pour intégrer et valider des modèles, avec calcul avancé, spécifications ouvertes et protection de la propriété intellectuelle. Son programme d’octobre montre toutefois que les workflows et les exigences sont encore en construction.
La décision immédiate n’est donc pas d’acheter « un jumeau humain ». Elle est de choisir une prédiction utile, le spécialiste capable de la produire et la preuve qui permettra de la contester. Si ces trois éléments ne tiennent pas sur une page, le pilote est encore un slogan.
Repères
Questions fréquentes.
Un jumeau humain virtuel est-il simplement un modèle 3D du patient ?
Non. La Commission le définit comme une représentation numérique d'un état de santé ou de maladie conçue pour reproduire et prédire le comportement de son équivalent physique.
La plateforme européenne est-elle déjà un produit à acheter ?
Non. Son premier événement annuel d'octobre 2026 porte encore sur les besoins, les workflows, le dépôt fédéré, l'orchestration et la gestion de la propriété intellectuelle.
Quelle preuve demander avant de financer un pilote ?
Un cas rejouable avec données autorisées, version du modèle, résultat attendu, validation experte, critères d'échec et journal complet de l'exécution.
Sources.
Tout est vérifiable. Si vous trouvez une donnée qui ne colle pas, dites-le, on corrige et on date l'erratum.
- Primaire 2026-07-19
Advanced Virtual Human Twins Platform - Annual Event
Commission européenne
- Primaire 2026-07-19
European Virtual Human Twins Initiative
Commission européenne
- Primaire 2026-07-19
ARCKONE
- Primaire 2026-07-19
Solutions for Cardiovascular Professionals
Materialise
- Primaire 2026-07-19
- Primaire 2026-07-19
Virtual Twin Experiences for Life Sciences & Healthcare
Dassault Systèmes
- Primaire 2026-07-19
Run the trial before you run the trial
InSilicoTrials