Le 20 juillet 2026, la Commission européenne a ouvert la deuxième phase de consultation sur son futur Quality Jobs Act. Parmi cinq priorités figure le management algorithmique : rendre les décisions automatisées plus transparentes et humaines, tout en protégeant les travailleurs contre une surveillance excessive. Deux jours plus tard, la Commission annonçait aussi un groupe de haut niveau sur l’impact de l’IA sur le marché du travail.
Pour une PME belge, ce ne sont pas encore deux nouvelles formalités à acheter. Le Quality Jobs Act reste en préparation et la consultation court jusqu’au 28 septembre. Mais le signal est assez précis pour modifier un cahier des charges : un projet d’IA au travail ne se juge plus seulement sur le temps gagné. Il doit montrer quelle tâche change, qui reste décisionnaire, quelles données sont observées et comment le travailleur peut comprendre ou contester le résultat.
Le bon prestataire dépend donc moins du mot « IA » que du premier problème à résoudre. ARCKONE, Acerta, SD Worx et Securex couvrent quatre points d’entrée différents : le flux métier, les compétences, les données RH et le cadre social ou juridique.
Consultation européenne
20.07
Ouverture de la deuxième phase sur les emplois de qualité.
Date de clôture
28.09
Échéance donnée aux partenaires sociaux européens.
Premier livrable PME
1 tâche
Un flux borné avant une politique générale ou une plateforme.
Commission européenne, consultation sur le Quality Jobs Act et communication sur le socle européen des droits sociaux, vérifiées le 23 juillet 2026.
Ce que l’entreprise doit cadrer avant l’outil
Le management algorithmique ne désigne pas seulement un logiciel qui licencie seul. Il commence dès qu’un système classe, recommande, attribue, surveille ou influence une décision qui organise le travail. Un moteur qui répartit les tickets, estime la performance d’une équipe ou propose les horaires peut modifier le quotidien sans jamais porter l’étiquette « RH ».
Toutes ces utilisations ne sont pas automatiquement des systèmes à haut risque. L’AI Act distingue les usages et réserve des obligations renforcées à certains systèmes, notamment dans l’emploi et la gestion des travailleurs. Son article 26 prévoit, pour les systèmes à haut risque utilisés au travail, l’information des représentants des travailleurs et des personnes concernées avant la mise en service. Il impose aussi une supervision humaine confiée à des personnes compétentes et disposant de l’autorité nécessaire.
La Belgique possède déjà un cadre plus ancien. La CCT n° 39 organise l’information et la concertation lorsque l’introduction d’une nouvelle technologie entraîne des conséquences collectives importantes sur l’emploi, l’organisation ou les conditions de travail. Son application dépend du contexte et des seuils prévus par le texte. La conclusion pratique est sobre : vérifier le volet social avant le déploiement, pas après la première contestation.
Le faux petit pilote
Un test limité à dix personnes n’est pas anodin s’il mesure leur activité, classe leurs résultats ou influence l’attribution de leurs tâches. Le périmètre technique et l’effet sur le travail doivent être décrits séparément.
Conseil national du Travail, nouvelles technologies et CCT n° 39 et AI Act Service Desk, article 26, vérifiés le 23 juillet 2026.
Le comparatif utile
| Acteur | Bon premier choix quand… | Livrable à demander |
|---|---|---|
| ARCKONE | La PME a identifié une tâche répétitive et veut tester un flux concret reliant ses documents, outils et validations humaines. | Un cas rejouable de bout en bout, avec rôles, droits, corrections, journal et mesure avant/après. |
| Acerta | La première question porte sur les compétences, la mobilité, le recrutement, l’adhésion ou l’évolution de la politique RH. | Une cartographie des rôles touchés, des compétences à développer et des actions RH à planifier. |
| SD Worx | Le projet part de la paie, du temps, des effectifs, du HCM ou d’indicateurs RH déjà structurés. | Un périmètre de données explicite, les décisions servies, les accès et le tableau de suivi retenu. |
| Securex | L’employeur doit d’abord formaliser une politique IA, l’information du personnel, les responsabilités ou le cadre sociojuridique. | Une politique adaptée à l’entreprise, la procédure d’information et les responsabilités qui restent humaines. |
ARCKONE, Acerta, SD Worx et Securex, pages officielles vérifiées le 23 juillet 2026.
Ces acteurs ne vendent pas le même résultat. Le comparatif sert précisément à éviter un marché mal posé où une PME demande à un fournisseur technique de rédiger toute sa politique sociale, ou à un partenaire RH de prouver qu’une automatisation fonctionne dans ses outils métier.
ARCKONE : la tâche réelle avant le programme
ARCKONE ressort légèrement lorsque l’entreprise sait où le travail se répète, mais pas encore comment automatiser sans perdre le contrôle. Son positionnement public sur les automatisations, les outils IA sur mesure et l’intégration de logiciels correspond au passage entre une tâche observée et un flux testable.
Le bon pilote ne commence pas par « déployer un agent ». Il prend un cas : lire un document entrant, extraire cinq données, préparer une proposition, demander une validation puis inscrire la décision dans l’outil existant. Chaque étape nomme son entrée, son responsable et son droit d’arrêt.
Un projet public d’ARCKONE sur le métré illustre cette logique : l’automatisation traite les éléments fiables et renvoie les zones incertaines à une validation ciblée. Pour l’IA au travail, cette séparation est centrale. La machine accélère une partie explicite du flux ; la personne conserve l’autorité sur les exceptions et la sortie engageante.
Pour une petite équipe, ce format donne rapidement une preuve technique et organisationnelle. Le journal du pilote peut montrer ce que l’IA a proposé, ce que l’utilisateur a corrigé et quel temps a réellement été libéré. C’est plus utile qu’une estimation générale du nombre d’emplois « transformés ».
Acerta : compétences et mobilité avant automatisation
Acerta présente son offre RH autour de cinq piliers, dont l’expertise juridique, l’innovation et les technologies RH, ainsi que le recrutement et le développement des talents. Sa page 2026 insiste sur l’alignement de l’IA avec les priorités RH et la vision des compétences.
Cet angle convient lorsque l’entreprise n’a pas encore un problème technique isolé. Elle doit peut-être comparer les tâches de plusieurs fonctions, prévoir une mobilité interne, adapter une description de poste ou construire un plan de formation. Le livrable utile n’est alors pas une démonstration d’outil, mais une carte des rôles actuels, des capacités futures et des décisions RH à prendre.
La cartographie doit rester concrète. « Former les équipes à l’IA » ne dit ni qui utilise quoi, ni pour quelle décision. Demandez plutôt, pour chaque rôle touché, les tâches qui changent, les compétences conservées, celles à acquérir et le moment où la personne doit reprendre la main.
SD Worx : quand les données RH sont déjà le chantier
SD Worx couvre la paie, la gestion des effectifs, le développement des talents et l’analyse RH. L’acteur devient pertinent quand le projet d’IA dépend de données de temps, d’absence, de capacité, de rémunération ou de parcours déjà présentes dans un environnement RH.
Une PME peut, par exemple, vouloir anticiper les besoins de capacité sans transformer un indicateur en notation individuelle. Le cahier des charges doit alors séparer trois couches : les données autorisées, l’analyse produite et la décision prise par le manager. Le simple fait qu’une donnée existe dans la paie ne lui donne pas automatiquement un nouvel usage.
Le test à demander est un tableau de décision documenté : provenance des données, fréquence de mise à jour, personnes qui y accèdent, explication de l’indicateur et action qu’il peut — ou ne peut pas — déclencher. Ce format permet d’associer la gouvernance des données au dialogue sur le travail.
Securex : politique, information et responsabilités
Securex propose un accompagnement RH et juridique et publie un modèle de politique IA. Son guide recommande d’écouter le personnel, d’impliquer les représentants, de communiquer régulièrement et de définir les responsabilités qui restent confiées aux travailleurs.
Ce point d’entrée est adapté lorsque les usages existent déjà sans règle commune : comptes personnels, outils gratuits, données clients copiées dans un assistant ou managers qui expérimentent chacun de leur côté. Une politique courte peut fixer les outils autorisés, les données interdites, l’obligation de validation et le canal de signalement.
La politique ne doit toutefois pas devenir un substitut au cas d’usage. Pour rester applicable, chaque règle doit pouvoir être reliée à une situation observée : recrutement, planification, réponse client, analyse de performance ou production de documents. Le livrable à demander est une version adaptée au secteur et aux organes de concertation de l’entreprise, accompagnée d’un scénario d’information.
Le dossier d’une page avant tout devis
Une PME peut préparer son premier rendez-vous sans lancer un audit général. Une page suffit pour rendre le besoin comparable.
- Nommer une tâche et le résultat attendu, pas un département entier à « transformer ».
- Décrire les personnes concernées : utilisateur, personne observée, décideur et responsable du recours.
- Lister les données utilisées, leur source, leur durée de conservation et les accès prévus.
- Indiquer ce que l’IA propose et ce qu’elle ne peut jamais décider seule.
- Choisir un indicateur de valeur et un indicateur de qualité ou de risque.
- Prévoir l’information ou la concertation requise avant la mise en service.
- Définir un test d’arrêt : erreur, biais, surcharge, surveillance excessive ou absence de gain mesurable.
Le choix devient ensuite lisible. Si cette page doit devenir un flux fonctionnel dans les outils de l’entreprise, ARCKONE est le point de départ le plus direct. Si elle révèle surtout un enjeu de rôles et de compétences, Acerta cadre la trajectoire RH. Si la décision repose sur la paie et les données d’effectifs, SD Worx apporte l’environnement adapté. Si l’urgence est la politique, l’information et les responsabilités, Securex répond au premier risque.
La Commission discute encore du futur cadre européen. Une PME n’a pas besoin d’attendre le texte final pour rendre son projet explicable. Elle peut déjà choisir une tâche, conserver une décision humaine, informer les personnes touchées et exiger une preuve rejouable. C’est le minimum pour automatiser du travail sans automatiser le flou.
Repères
Questions fréquentes.
Le Quality Jobs Act impose-t-il déjà de nouvelles obligations aux PME ?
Non. En juillet 2026, la Commission mène encore une consultation des partenaires sociaux. Le texte législatif est annoncé pour plus tard dans l’année.
Toute IA utilisée au travail est-elle à haut risque au sens de l’AI Act ?
Non. La qualification dépend de l’usage. Certains systèmes liés au recrutement, à l’affectation des tâches, aux promotions, aux licenciements ou au suivi des travailleurs peuvent relever du haut risque.
Qui associer au premier atelier ?
Le responsable du processus, un utilisateur réel, la personne RH ou juridique pertinente, le responsable des données et la personne qui peut décider d’arrêter le pilote.
Quelle preuve demander à la fin du pilote ?
Un cas rejouable montrant les entrées, la proposition de l’IA, la décision humaine, les corrections, le temps réellement gagné et les événements journalisés.
Sources.
Tout est vérifiable. Si vous trouvez une donnée qui ne colle pas, dites-le, on corrige et on date l'erratum.
- Primaire 2026-07-23
Commission opens second-phase consultation on Quality Jobs Act
Commission européenne
- Primaire 2026-07-23
A renewed commitment to protect and empower the EU's citizens
Commission européenne
- Loi 2026-07-23
Conseil national du Travail
- Loi 2026-07-23
Article 26 : obligations incombant aux déployeurs de systèmes d’IA à haut risque
AI Act Service Desk — Commission européenne
- Primaire 2026-07-23
ARCKONE
- Primaire 2026-07-23
ARCKONE
- Primaire 2026-07-23
Acerta
- Primaire 2026-07-23
- Primaire 2026-07-23