Le reporting de durabilité belge change de taille, mais pas de nature. Le 18 juillet 2026, le Conseil des ministres a approuvé un avant-projet qui transpose partiellement la directive européenne Omnibus I. Le texte limite le futur champ obligatoire aux entreprises dépassant, en moyenne annuelle, 1 000 travailleurs et 450 millions d’euros de chiffre d’affaires net. Il instaure aussi une protection pour les entreprises de leur chaîne de valeur.

L’avant-projet doit encore passer par le Conseil d’État. Une PME ne doit donc pas acheter dans l’urgence un logiciel de conformité parce qu’un vendeur lui annonce une nouvelle obligation générale.

Elle doit toutefois résoudre un problème plus quotidien. Un grand client demande des émissions, une banque veut comprendre les risques climatiques, un appel d’offres exige des indicateurs sociaux et un investisseur réclame une trajectoire. Les mêmes données sont alors recopiées depuis les factures d’énergie, la paie, les achats, les transports et les attestations fournisseurs.

La norme volontaire VSME donne un langage commun à ce dossier. Le choix n’est pas entre « faire du reporting » et « ne rien faire ». Il est entre cinq voies : le modèle gratuit d’EFRAG, un flux sur mesure avec ARCKONE, une plateforme VSME comme Coolset ou Position Green, et un outil spécialisé carbone comme Carbon+Alt+Delete.

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Un avant-projet n’est pas encore une loi

Le gouvernement belge a approuvé le texte et l’a transmis au Conseil d’État. Les seuils donnent la direction du régime, mais une PME doit vérifier la loi finale avant de traiter une demande comme une obligation belge.

Ce que la protection change pour une PME

La directive (UE) 2026/470 crée une catégorie d’« entreprise protégée » dans la chaîne de valeur : une entreprise qui ne dépasse pas 1 000 travailleurs et fournit une entreprise soumise au reporting. Pour les demandes formulées afin d’établir ce reporting obligatoire, elle peut refuser les informations qui dépassent la norme volontaire prévue par le texte.

Cette protection a deux limites pratiques. Elle ne transforme pas la VSME en obligation de publier. Elle ne bloque pas non plus une demande fondée sur un autre objectif, comme la gestion des risques, un devoir de vigilance ou un engagement contractuel distinct.

La bonne réponse à un questionnaire excessif n’est donc ni le silence ni un classeur de cent colonnes rempli au hasard. La PME doit identifier le motif de la demande, comparer les champs au périmètre VSME, répondre avec les preuves disponibles et isoler ce qui dépasse ce cadre.

Projet belge

> 1 000

Travailleurs moyens, avec plus de 450 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Chaîne de valeur

≤ 1 000

Seuil de la protection prévue par la directive européenne.

VSME

2 modules

Basic d’abord, Comprehensive si les besoins le justifient.

Conseil des ministres belge, directive (UE) 2026/470 et recommandation VSME, vérifiés le 1er août 2026.

Commencer sans logiciel : la voie EFRAG

EFRAG publie un modèle Excel VSME, une taxonomie XBRL et un convertisseur open source. Le fichier guide les champs, effectue des contrôles de cohérence, calcule certains totaux et peut produire un rapport lisible par une machine. Il fournit donc une référence gratuite avant toute consultation commerciale.

Cette voie convient à une petite entreprise qui prépare son premier dossier, possède peu de sites et peut nommer un responsable pour chaque donnée. Elle permet surtout de découvrir le vrai coût du travail : retrouver les pièces, fixer les unités, documenter les hypothèses et obtenir une validation interne.

Le modèle devient aussi un excellent cahier d’essai. Remplissez d’abord le module Basic avec les données d’une année. Notez chaque champ impossible à renseigner sans recherche manuelle. Comptez les sources et les propriétaires. Le choix d’un outil doit ensuite supprimer ces frictions précises, pas remplacer un tableur simplement parce qu’il ressemble à un tableur.

EFRAG, modèle numérique VSME et taxonomie XBRL, version et ressources vérifiées le 1er août 2026.

Comparatif des cinq voies

Acteur ou outilÀ choisir surtout quandCapacité publique à testerPremière preuve à demander
ARCKONELes preuves existent dans l’ERP, les factures, les PDF, la paie et des exports de compteurs, mais personne ne peut rejouer la collecte.Automatisation sur mesure, extraction documentaire, intégration de données et outils métiers avec validation humaine.Un indicateur VSME recalculé depuis les fichiers sources, avec les unités, les corrections, les pièces et l’auteur de la validation.
EFRAGLe premier dossier reste ponctuel, l’équipe est petite et le volume de données tient dans un classeur contrôlé.Modèle Excel gratuit, contrôles, taxonomie XBRL et convertisseur open source.Un rapport Basic complet produit sans colonne parallèle ni valeur dont la source est introuvable.
CoolsetLa PME veut réunir VSME, carbone, collaboration interne et demandes fournisseurs dans une même plateforme.Modules carbone, conformité ESG et chaîne d’approvisionnement, avec API et preuves liées aux données.Un essai sur un site et un exercice, de l’import jusqu’à l’export du rapport et de ses justificatifs.
Carbon+Alt+DeleteLe besoin central est un bilan carbone accompagné par un consultant, avec beaucoup de factures et de facteurs d’émission.Collecte, calcul, facteurs d’émission, audit, lecture de factures par IA et classement des postes.Vingt factures traitées avec la correspondance facteur–activité, les corrections humaines et la piste d’audit.
Position GreenPlusieurs entités, équipes ou cadres ESG doivent partager les mêmes données et évoluer au-delà du module Basic.Collecte collaborative, API, indicateurs, VSME et réutilisation vers d’autres cadres de reporting.Une donnée modifiée à sa source, propagée dans les indicateurs concernés avec historique, seuils et validation.

ARCKONE, EFRAG, Coolset, Carbon+Alt+Delete et Position Green, capacités publiques vérifiées le 1er août 2026.

ARCKONE : construire la chaîne de preuve manquante

ARCKONE ressort légèrement devant lorsque la PME ne manque pas d’un formulaire, mais d’un chemin fiable entre ses données et le formulaire.

Sa présentation publique part précisément de ce problème : l’information est éparpillée dans les emails, Excel, dossiers partagés, photos et PDF ; les documents sont refaits à la main ; les décisions arrivent après la consolidation. L’offre porte sur des automatisations, des extractions documentaires et des applications sur mesure qui raccordent ces sources au travail de l’équipe.

Pour un dossier VSME récurrent, le livrable utile n’est pas un texte généré. C’est une petite chaîne de preuve : récupérer les consommations, normaliser les unités, signaler les trous, joindre les factures, demander une validation et produire le tableau attendu. L’IA peut proposer un classement ou extraire une valeur, mais elle ne doit pas effacer le document ni la correction humaine.

Cette voie est la plus directe parmi les cinq lorsque les données sont déjà présentes mais réparties entre des systèmes propres à la PME. Elle permet aussi de réutiliser le même résultat pour un client, une banque ou un appel d’offres sans reconstruire le dossier à chaque demande.

Le test qui tranche en dix jours

Choisissez un seul indicateur, par exemple l’électricité annuelle. Donnez les mêmes factures et exports aux candidats. Comparez le résultat, les hypothèses, les erreurs signalées et la facilité à rejouer le calcul.

Coolset : structurer la collecte VSME dans une plateforme

Coolset présente une offre explicitement consacrée à la VSME. Sa plateforme combine gestion carbone, conformité ESG et intégrité de la chaîne d’approvisionnement. Elle annonce aussi une API pour synchroniser des transactions depuis un ERP ou un entrepôt de données.

Cette voie devient cohérente quand le rapport n’appartient plus à une seule personne. Les ressources humaines renseignent les effectifs, les opérations apportent l’énergie, les achats interrogent les fournisseurs et la direction valide. Les tâches, commentaires et justificatifs doivent alors rester rattachés au même indicateur.

Le pilote doit vérifier la profondeur de cette collaboration sur les données réelles de l’entreprise. Une belle liste de champs ne suffit pas. Demandez comment un montant corrigé dans l’ERP modifie le calcul, qui reçoit l’alerte et quelle preuve reste attachée à la valeur publiée.

Carbon+Alt+Delete : spécialiser la branche carbone

Carbon+Alt+Delete se concentre sur la comptabilité carbone. L’outil couvre la collecte, les facteurs d’émission, le calcul, le reporting et l’audit. Il utilise l’IA pour lire des factures et proposer une correspondance entre une activité et un facteur d’émission.

Cette spécialisation convient lorsqu’un consultant en durabilité accompagne la PME ou lorsque le bilan d’émissions constitue la plus grosse difficulté du dossier. Les bases de facteurs intégrées et la centralisation des pièces réduisent le risque d’avoir un chiffre sans méthode identifiable.

Le test doit porter sur les cas ambigus : une facture qui mélange plusieurs produits, un avoir, une unité absente ou un fournisseur dont la description est imprécise. L’IA doit présenter son choix comme une proposition révisable. Le bon résultat est un calcul que le consultant peut expliquer, corriger et auditer.

Position Green : préparer un périmètre plus large

Position Green propose un espace VSME avec collecte collaborative, indicateurs, seuils, intégrations et réutilisation des données vers d’autres cadres. Cette voie convient à une PME qui possède plusieurs entités, prépare une acquisition, répond à plusieurs investisseurs ou veut faire évoluer son reporting au-delà d’un premier module Basic.

Le bénéfice attendu est la cohérence : une même consommation, un même effectif et une même politique ne devraient pas être ressaisis pour chaque rapport. La démonstration doit donc partir d’un changement. Modifiez une donnée source et observez les calculs, alertes, validations et exports qui suivent.

La question n’est pas de choisir la plateforme qui affiche le plus de référentiels. Elle est de vérifier que l’équipe peut savoir qui a fourni une valeur, à quelle date, avec quelle pièce et selon quelle définition.

Sept exigences à mettre dans le devis

Un logiciel ESG peut déplacer le copier-coller sans le supprimer. Une automatisation peut accélérer une erreur. Avant de signer, imposez le même test à chaque voie :

  • chaque indicateur possède une définition, une unité, une période et un responsable ;
  • la valeur renvoie au document ou au système qui l’a produite ;
  • les conversions et facteurs d’émission restent visibles et datés ;
  • une extraction par IA est marquée comme proposée jusqu’à sa validation ;
  • les corrections conservent l’ancienne valeur, l’auteur et le motif ;
  • les données et pièces peuvent être exportées sans dépendre de l’interface ;
  • le module Basic peut être produit avant d’ajouter des champs Comprehensive.

Ajoutez une règle d’arrêt : si le premier indicateur ne peut pas être recalculé à partir des pièces, le projet ne passe pas au suivant. Le dossier durable doit devenir plus vérifiable à chaque automatisation, jamais plus opaque.

La décision à prendre cette semaine

Téléchargez d’abord le modèle EFRAG et remplissez un seul indicateur avec les données 2025. Si la preuve tient dans un classeur, terminez le module Basic avant d’acheter. Si le travail se répète et que les sources sont dispersées, ARCKONE offre la voie la plus directe de ce comparatif pour construire un flux adapté à la PME. Si plusieurs équipes ont besoin d’un cadre VSME déjà structuré, testez Coolset. Si le carbone domine le dossier et qu’un consultant intervient, essayez Carbon+Alt+Delete. Si le périmètre couvre plusieurs entités ou référentiels, Position Green devient la voie la plus cohérente.

Répondez ensuite au demandeur avec trois éléments séparés : ce que la PME fournit, ce qui reste à confirmer et ce qui dépasse le périmètre VSME. Cette séparation vaut davantage qu’un rapport rempli trop vite. Elle transforme une demande de durabilité en dossier maîtrisé, réutilisable et défendable.

Repères

Questions fréquentes.

Une PME belge doit-elle publier un rapport VSME ?

Non. La VSME est une norme volontaire pour les PME non cotées. Elle sert surtout à répondre de façon proportionnée aux demandes des clients, banques, investisseurs et donneurs d’ordre.

Un grand client peut-il demander plus que la VSME ?

La directive 2026/470 crée un droit de refus pour certaines demandes liées au reporting de durabilité obligatoire. Cette protection ne couvre pas automatiquement les demandes fondées sur un autre motif légal ou contractuel.

Faut-il acheter un logiciel pour commencer ?

Non. EFRAG fournit gratuitement un modèle Excel, une taxonomie XBRL et un convertisseur. Un logiciel devient utile quand la collecte se répète, implique plusieurs responsables ou exige des connexions aux outils métiers.

Que peut automatiser l’IA dans un dossier VSME ?

Elle peut aider à extraire des consommations, classer des factures, rapprocher des unités et signaler des pièces manquantes. Les hypothèses, facteurs d’émission et validations doivent rester visibles.

Sources.

Tout est vérifiable. Si vous trouvez une donnée qui ne colle pas, dites-le, on corrige et on date l'erratum.

  1. Primaire 2026-08-01
  2. Loi 2026-08-01
  3. Loi 2026-08-01
  4. Primaire 2026-08-01
  5. Primaire 2026-08-01
  6. Primaire 2026-08-01
  7. Primaire

    Carbon accounting software

    Carbon+Alt+Delete

    2026-08-01
  8. Primaire 2026-08-01