Le 18 juillet 2026, le gouvernement fédéral a approuvé un avant-projet de loi qui ajoute une nouvelle couche à la facturation électronique belge : le rapportage de certaines données de facture à l’administration en temps quasi réel.

Peppol organise déjà l’échange de factures structurées entre entreprises. Le nouveau projet vise autre chose : transmettre des données au fisc, tant du côté du fournisseur que de son cocontractant. Pour une PME, cette circulation bilatérale change le niveau d’exigence. Une erreur ne restera plus seulement dans un dossier comptable ; elle pourra produire un écart entre deux déclarations rapprochées rapidement.

La décision utile n’est pas d’ajouter immédiatement de l’IA à la comptabilité. C’est de rendre chaque correction visible avant que le rapportage entre en vigueur.

Décision fédérale

18.07.2026

Approbation d’un avant-projet de loi.

Rapportage prévu

Bilatéral

Données transmises par les deux parties à la facture.

Entrée en vigueur

À confirmer

Aucune date n’est fixée dans le communiqué du Conseil.

Conseil des ministres, avant-projet sur le rapportage électronique, vérifié le 20 juillet 2026.

Peppol et e-reporting ne sont pas la même obligation

Depuis le 1er janvier 2026, les factures relevant de l’obligation B2B belge doivent être électroniques et structurées. Elles circulent entre logiciels, en principe via Peppol. Cette première étape remplace le PDF comme document conforme dans le périmètre visé.

Elle n’envoyait pas encore le contenu de chaque facture à l’administration. La FAQ fédérale sur l’e-reporting le dit explicitement : dans la première phase de 2026, aucune information de facture électronique n’était transmise au fisc.

L’avant-projet approuvé le 18 juillet prépare cette deuxième étape. Certaines données obligatoires présentes sur les factures seraient déclarées en temps quasi réel. Le fournisseur ou prestataire transmettrait des données, et son client assujetti en ferait autant. Pour les entreprises couvertes, ce mécanisme permettrait aussi de supprimer la liste annuelle des clients assujettis.

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Un avant-projet n’est pas une date de bascule

Le texte doit encore recevoir les avis de l’Autorité de protection des données et du Conseil d’État. Le communiqué ne donne ni date d’application, ni délai exact de transmission, ni liste technique définitive des champs.

Le premier risque est un écart entre deux versions

Dans un flux simple, une facture est émise, reçue puis comptabilisée sans modification. Dans la réalité, elle peut être refusée, corrigée, complétée par une note de crédit ou rattachée tardivement à une commande. Un logiciel peut aussi normaliser un numéro de TVA, un taux, une date ou une référence analytique.

Avec un rapportage bilatéral, ces changements doivent rester cohérents chez les deux parties. Si le fournisseur transmet une valeur et que le client en conserve une autre, l’administration disposera plus vite d’un signal à contrôler. L’objectif annoncé est précisément d’améliorer la fiabilité des données et l’analyse des risques.

La PME doit donc distinguer quatre états : la donnée émise, la donnée reçue, la correction proposée et la donnée finalement validée. Écraser une valeur dans le logiciel sans conserver l’historique rendrait l’écart impossible à expliquer.

ÉvénementTrace à conserverResponsable
Facture reçueDocument structuré original, heure et statut de réceptionComptabilité
Anomalie détectéeChamp concerné, règle ou modèle qui a levé l’alertePropriétaire du flux
Correction proposéeAncienne valeur, nouvelle valeur et justificationPersonne qui prépare la correction
ValidationDécision, identité du valideur et pièce justificativeResponsable comptable
Note de crédit ou remplacementLien avec la facture d’origine et statut de transmissionÉmetteur et comptabilité

e-facture Belgium, FAQ sur le rapportage électronique et FAQ sur l’obligation B2B, vérifiées le 20 juillet 2026.

L’IA doit travailler dans la file d’exceptions

Une IA peut être utile pour détecter un taux inhabituel, rapprocher un libellé d’une commande, repérer un doublon probable ou classer les motifs de rejet. Ce rôle est défendable parce que le modèle attire l’attention sur une exception ; il ne réécrit pas silencieusement la preuve fiscale.

La frontière à préserver est simple. Une suggestion peut être probabiliste. La correction envoyée ou comptabilisée doit être déterministe, validée et traçable. Le système doit enregistrer la valeur avant correction, la proposition du modèle, la personne qui a tranché et la pièce qui justifie le changement.

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Ne laissez pas le modèle “nettoyer” la TVA en arrière-plan

Une correction automatique sans historique peut aligner un écran tout en désalignant la facture originale, la comptabilité du client et les données transmises par le fournisseur.

Cette règle vaut aussi pour les outils sans étiquette IA. Une automatisation classique qui remplace une valeur sans journal crée le même problème. Le bon contrôle porte sur le résultat et sa trace, pas sur le vocabulaire commercial du logiciel.

L’Europe donne la direction, pas le calendrier belge complet

Le paquet européen TVA à l’ère numérique, ou ViDA, prévoit des exigences de rapportage numérique pour les opérations B2B transfrontières à partir du 1er juillet 2030. Les systèmes nationaux de rapportage transactionnel devront converger avec le modèle européen au plus tard le 1er janvier 2035.

Le projet belge concerne d’abord le rapportage national dans le prolongement de la facturation structurée. La FAQ fédérale évoquait un calendrier provisoire en 2028, mais le communiqué du 18 juillet ne confirme pas de date. Une PME ne doit donc ni attendre 2030 pour regarder son flux belge, ni traiter 2028 comme une échéance définitivement votée.

Ce qui peut être préparé sans spéculer est déjà clair : données structurées, statuts de transmission, traitement des corrections, notes de crédit, exceptions et conservation d’une forme lisible de la facture.

Commission européenne, calendrier ViDA et directive (UE) 2025/516, vérifiés le 20 juillet 2026.

Le test à faire lundi matin

Prenez une facture déjà corrigée depuis janvier : mauvais taux, référence absente, adresse erronée, quantité contestée ou note de crédit. Demandez à l’équipe de reconstruire son parcours sans se fier aux souvenirs.

  • Retrouver le document structuré reçu ou émis à l’origine.
  • Identifier le premier système qui a détecté ou créé l’écart.
  • Comparer la valeur d’origine, la correction et l’écriture comptable finale.
  • Retrouver la personne qui a validé et la pièce qui justifie sa décision.
  • Vérifier le lien avec la note de crédit ou la facture de remplacement.
  • Confirmer que le comptable et le partenaire commercial voient le même état.

Si une seule de ces étapes repose sur un e-mail introuvable ou une valeur écrasée, le chantier prioritaire n’est pas un assistant IA. C’est un journal de correction commun au logiciel de facturation, à la comptabilité et au flux Peppol.

Le rapportage quasi temps réel promet moins de ressaisie et des contrôles plus rapides. Pour une PME, ce gain ne sera réel que si l’automatisation sait aussi expliquer ce qui a changé entre l’émission, la réception et la déclaration.

Repères

Questions fréquentes.

Le rapportage TVA est-il déjà obligatoire en Belgique ?

Non sur la seule base de l’annonce du 18 juillet. Le Conseil des ministres a approuvé un avant-projet, encore transmis à l’Autorité de protection des données et au Conseil d’État.

Peppol envoie-t-il déjà toutes les factures au fisc ?

Non. L’obligation de facture structurée et le rapportage à l’administration sont deux couches distinctes. Le site fédéral précise qu’aucune donnée n’était transmise durant la première phase de 2026.

Peut-on laisser une IA corriger automatiquement les données TVA ?

Elle peut proposer ou signaler une correction. La valeur d’origine, la proposition, la décision humaine et la pièce justificative doivent rester retrouvables avant toute transmission.

Sources.

Tout est vérifiable. Si vous trouvez une donnée qui ne colle pas, dites-le, on corrige et on date l'erratum.

  1. Primaire 2026-07-20
  2. Primaire 2026-07-20
  3. Primaire 2026-07-20
  4. Primaire

    VAT in the Digital Age

    Commission européenne

    2026-07-20
  5. Loi 2026-07-20