Le 30 juin 2026, le SPF Economie a publie les resultats d’un controle international sur les influenceurs humains et virtuels. Le constat est simple : le marketing d’influence a change de forme, mais son probleme le plus ancien reste entier. Le public ne voit pas toujours qu’il regarde une publicite.
L’enquete, menee du 23 mars au 8 avril par vingt autorites de protection des consommateurs, a examine 228 influenceurs. Parmi eux, 92 % publiaient du contenu commercial. Pourtant, un sur cinq seulement l’indiquait systematiquement.
Pour une PME belge, ce n’est pas seulement un sujet a deleguer au createur. La transparence doit etre ecrite dans le brief, visible dans le livrable et verifiable dans le dossier de campagne. Sinon, une publication peut etre jolie, performante et tout de meme indefendable.
Influenceurs controles
228
Humains et virtuels, dans vingt pays.
Contenu commercial
92 %
Des comptes examines en publiaient.
Mention systematique
1 sur 5
Signalait toujours la nature publicitaire.
Images IA non signalees
69 %
Parmi les comptes utilisant des images generees ou modifiees par IA.
ICPEN, Sweep 2026 et SPF Economie, verifies le 14 juillet 2026.
Le premier controle porte sur l’avantage
Le SPF Economie donne un test en deux questions. Le createur met-il en avant une marque, un produit, un service ou une entreprise ? Recoit-il un avantage de la societe concernee ? Si les deux reponses sont oui, il s’agit d’un message commercial.
L’avantage n’est pas limite a un paiement. Il peut s’agir d’un produit gratuit, meme non sollicite, d’un bon de reduction, d’un pret, d’une invitation, d’une nuit d’hotel, d’un repas, de tickets, d’un lien d’affiliation ou d’un pourcentage sur les ventes. L’absence de contrat formel ne transforme pas cette contrepartie en cadeau sans consequence.
Le premier document utile dans une PME est donc un registre des avantages. Une ligne par campagne suffit : createur, marque, produit, avantage, valeur estimee, date et publications attendues. Sans cette ligne, l’equipe marketing peut oublier qu’une invitation ou un pret materiel declenche aussi une obligation de transparence.
Le contrat n'est pas le seuil
Un post peut etre publicitaire meme si la marque n'a pas dicte le texte et meme si aucun paiement en especes n'a ete verse.
Le mot doit etre visible avant le clic
Le guide belge recommande un terme explicite comme « publicite » ou « annonce ». Il doit etre visible immediatement, sans ouvrir le message, contraste avec le fond et redige dans la meme langue que la publication.
Des expressions comme « collaboration », « partner », « ambassador », « remerciements a » ou « sponsored » sont souvent trop ambigues pour le public vise. Le label natif de la plateforme reste utile, mais il ne remplace pas necessairement un mot compris au premier regard.
Pour la PME, la consigne tient en une phrase dans le brief : « Ajouter PUBLICITE au debut de la legende ou directement sur le visuel, dans la langue du contenu, et activer le label commercial de la plateforme. » Cette phrase est plus utile qu’une page de valeurs sur l’authenticite.
Le controle final doit ensuite porter sur le rendu reel, pas sur le document de travail. Sur un telephone, la mention est-elle visible avant le bouton « plus » ? Dans une video, apparait-elle assez longtemps ? Sur une story, le contraste resiste-t-il a l’image de fond ? Une capture d’ecran du post publie constitue une preuve simple.
L’IA ajoute deux preuves differentes
L’enquete 2026 distingue deux questions que les equipes marketing melangent facilement.
La premiere concerne la publicite. Le contenu est-il commercial ? Si oui, il doit etre reconnaissable comme tel, qu’il soit photographie, filme, ecrit ou genere par IA.
La seconde concerne la nature synthetique du contenu. Parmi les influenceurs controles qui utilisaient des images generees ou modifiees par IA, 69 % ne le signalaient pas systematiquement. Un label IA ne remplace donc pas le mot « publicite », et le mot « publicite » n’explique pas qu’un personnage ou une scene est artificiel.
Une campagne peut avoir besoin des deux mentions. Par exemple : une publication commerciale realisee avec un avatar virtuel doit rendre clair son but publicitaire et sa nature non humaine. Les deux informations repondent a deux risques differents.
| Question de controle | Preuve minimale |
|---|---|
| Le contenu est-il commercial ? | Avantage consigne et mention publicitaire visible. |
| Une image ou une voix a-t-elle ete generee ou modifiee ? | Outil, version du fichier et decision de signalement. |
| Le profil est-il virtuel ? | Nature non humaine annoncee clairement dans le profil et le contenu. |
| Une affirmation personnelle est-elle faite ? | Preuve d’une experience humaine reelle, ou suppression de l’affirmation. |
SPF Economie, controle Influenceurs et IA, verifie le 14 juillet 2026.
Un avatar ne peut pas avoir vecu le temoignage
Le chiffre le plus delicat de l’enquete n’est pas le taux de labels. Parmi les influenceurs virtuels observes, 65 % declaraient leur nature non humaine. Mais plus de la moitie formulaient des affirmations liees a une experience personnelle, par exemple dans la sante ou le voyage.
Un personnage synthetique peut presenter les caracteristiques d’un produit. Il ne peut pas dire qu’il a mieux dormi, visite un hotel, ressenti un soin ou utilise un service pendant six mois. La mention « avatar IA » ne rend pas vraie une experience inventee.
La PME doit donc interdire les phrases a la premiere personne qui supposent une experience reelle, sauf si elles reprennent clairement le temoignage verifie d’une personne identifiable et consentante. Changer « j’ai teste ce produit » en « voici trois caracteristiques du produit » n’est pas un detail de style. C’est la difference entre une description et un faux vecu.
Cette regle vaut aussi sans avatar. Une image generee d’un faux client, accompagnee d’un avis invente, reste trompeuse meme si le bas du visuel mentionne l’IA.
Le dossier de campagne en cinq pieces
Une PME n’a pas besoin d’un outil de conformite dedie pour chaque collaboration. Un dossier partage et cinq pieces couvrent deja l’essentiel :
- Le brief avec la mention publicitaire exacte et son emplacement.
- La liste des paiements, cadeaux, prets, invitations et commissions.
- La version validee du texte, de l'image, de la video ou de l'avatar.
- Une capture du contenu tel qu'il apparait reellement au public.
- La validation interne, avec le nom du responsable et la date.
Le responsable ne doit pas seulement verifier l’orthographe et le logo. Il controle la nature commerciale, la presence eventuelle d’IA, les affirmations personnelles, la langue de la mention et sa visibilite sur mobile.
La Commission europeenne rassemble par ailleurs dans son Influencer Legal Hub des supports destines aux createurs, annonceurs, agences et consommateurs. Ce portail peut servir de reference commune quand une campagne traverse plusieurs pays, mais il ne remplace pas les consignes belges du SPF Economie.
La decision lundi matin
Prenez les cinq dernieres collaborations publiees par votre PME. Pour chacune, retrouvez l’avantage accorde, ouvrez le post sur un telephone et repondez a quatre questions : le mot « publicite » est-il visible sans clic ? La plateforme affiche-t-elle son label commercial ? Une image ou une voix artificielle est-elle signalee ? Une phrase presente-t-elle comme vecue une experience qui ne l’a pas ete ?
Si une reponse manque, ne commencez pas par changer d’agence ou acheter un logiciel. Corrigez le modele de brief et la checklist de validation. Le meme controle s’appliquera ensuite a tous les createurs, humains ou virtuels.
A faire lundi matin
Ajoutez au brief deux champs obligatoires : « avantage recu » et « texte exact de la mention publicitaire ». Ajoutez un troisieme champ si une IA produit ou modifie le contenu.
La technologie change le visage de l’influence. Elle ne change pas la question de fond : le public comprend-il immediatement qui cherche a le convaincre, avec quel contenu et sur la base de quelle experience reelle ?
Repères
Questions fréquentes.
Un produit gratuit suffit-il a rendre une publication publicitaire ?
Oui, si le createur met la marque, le produit ou le service en avant. Le SPF Economie cite aussi les invitations, remises, prets, liens d'affiliation et commissions.
Le label de la plateforme suffit-il ?
Il aide, mais la recommandation belge est d'ajouter un mot explicite, immediatement visible et dans la langue du message, comme publicite ou annonce.
Peut-on utiliser un influenceur virtuel pour raconter une experience client ?
C'est un risque eleve de tromperie : un personnage synthetique ne peut pas avoir vecu un voyage, un soin ou l'usage reel d'un produit.
Sources.
Tout est vérifiable. Si vous trouvez une donnée qui ne colle pas, dites-le, on corrige et on date l'erratum.
- Primaire 2026-07-14
- Donnée 2026-07-14
- Loi 2026-07-14
Vous etes createur de contenu ou influenceur ? Respectez ces obligations en matiere de publicite
SPF Economie
- Primaire 2026-07-14
Commission europeenne