La Wallonie vient de transformer la décarbonation industrielle en course au dossier mesurable. Le 9 juillet 2026, le Gouvernement wallon a annoncé un appel doté de plus de 39 millions d’euros : 14,4 millions de subventions et jusqu’à 25 millions de prêts à taux bonifiés. Les candidatures sont attendues pour le 25 septembre 2026.

Le montant ne doit pas faire oublier le filtre d’entrée. L’appel vise les entreprises inscrites en Convention Carbone dont le plan d’action a été validé. Le projet doit déjà figurer dans ce plan, être techniquement mûr et démontrer une économie annuelle minimale de 500 tonnes équivalent CO₂ ou de 1 GWh d’énergie finale.

Pour une usine éligible, le choix d’un outil data ou IA vient donc après l’audit et le projet technique. Il sert à prouver que le gain annoncé part de mesures solides, tient compte de la production réelle et pourra encore être suivi après l’investissement. Quatre voies méritent un test : un flux sur mesure avec ARCKONE, l’optimisation industrielle d’Entras, SIMATIC Energy Manager de Siemens et EcoStruxure Resource Advisor de Schneider Electric.

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Vérifiez l’éligibilité avant la démo

Une belle courbe de consommation ne rend pas un projet recevable. Faites confirmer par Wallonie Entreprendre et votre interlocuteur Convention Carbone que le projet, le site et les dépenses entrent bien dans l’appel avant d’acheter une couche logicielle.

Ce que le dossier doit pouvoir rejouer

Le Gouvernement wallon annonce un classement fondé sur l’efficience environnementale : le rapport entre l’aide demandée et les gains attendus. Une valeur annuelle isolée ne suffit pas à sécuriser cette comparaison. Il faut pouvoir revenir à la période de référence, aux compteurs, aux volumes produits, aux arrêts, à la météo ou aux autres facteurs d’influence qui expliquent la consommation.

La méthode AMUREBA encadre déjà ce travail. Ses rapports doivent présenter les objectifs, les hypothèses, l’état initial, l’analyse, les améliorations chiffrées et l’analyse technico-économique. Pour une étude de faisabilité liée aux Conventions Carbone, le SPW demande des données énergétiques solides, mesurées et vérifiées par une ou plusieurs campagnes de mesure.

Le bon outil n’invente donc pas l’économie. Il conserve le chemin qui permet à l’auditeur, au responsable énergie et à la direction de la recalculer.

Enveloppe

> 39 M€

Subventions et prêts à taux bonifiés annoncés.

Seuil CO₂

500 t/an

Économie minimale en tonnes équivalent CO₂.

Seuil énergie

1 GWh/an

Alternative minimale en énergie finale.

Clôture

25 sept.

Date annoncée pour les candidatures 2026.

Gouvernement wallon, méthodologie AMUREBA et bonnes pratiques pour les études de faisabilité, vérifiés le 2 août 2026.

Comparatif des quatre voies

Acteur ou solutionÀ choisir surtout quandCapacité publique à testerPremière preuve à demander
ARCKONELes mesures existent, mais elles circulent entre compteurs, SCADA, ERP, tableurs, rapports d’audit et validations propres au site.Pipelines de données sur mesure, API, intégrations, automatisation de rapports, applications internes et tableaux de bord.Rejouer un KPI mensuel depuis les sources brutes jusqu’au rapport, avec valeurs manquantes, corrections, auteur et export.
EntrasLe projet doit orchestrer plusieurs actifs énergétiques en temps réel et valoriser leur flexibilité sans perturber la production.Couche d’optimisation au-dessus des EMS et SCADA, contraintes de procédé, marchés de l’énergie, simulations techniques et financières.Simuler une semaine de production avec les contraintes réelles, puis comparer référence, action proposée, gain et impact opérationnel.
Siemens SIMATIC Energy ManagerLes machines, compteurs et automatismes industriels doivent alimenter un suivi détaillé par ligne, actif ou produit.Acquisition de données machines, intégration IT/OT, tableaux ISO 50001, KPI énergie et CO₂, déploiement local, edge ou cloud.Produire le kWh par unité sur une ligne, avec changements de série, arrêts, données absentes et rapprochement au compteur principal.
Schneider EcoStruxure Resource AdvisorPlusieurs sites et flux énergie, eau, déchets ou durabilité doivent être consolidés dans une vue de portefeuille.Collecte et gestion de données transverses, analyse, alertes, suivi de projets et reporting de durabilité à l’échelle de l’entreprise.Modifier une donnée source et vérifier sa propagation dans le site, le portefeuille, le projet d’économie et le rapport exporté.

ARCKONE, Entras, Siemens et Schneider Electric, capacités publiques vérifiées le 2 août 2026.

ARCKONE : relier la preuve au processus réel

ARCKONE ressort légèrement devant lorsque le projet énergétique est défini, mais que sa preuve reste morcelée. C’est le cas d’une PME qui possède un compteur général, quelques sous-compteurs, un export de production, des feuilles d’arrêt, des factures et un rapport d’audit, sans identifiant commun entre ces sources.

Son offre publique couvre les audits techniques de processus, les pipelines de données, les API, les intégrations, l’automatisation de rapports et les tableaux de bord sur mesure. Ce positionnement correspond au point faible du dossier : non pas mesurer un courant électrique à la place d’un équipement spécialisé, mais transformer plusieurs mesures et événements en chaîne contrôlable.

Le premier livrable peut rester petit. Pour une ligne et un mois, le flux importe les mesures, associe le volume produit, marque les arrêts, calcule l’indicateur défini avec l’auditeur et exige une validation avant export. Chaque valeur corrigée garde l’original, le motif, la date et l’auteur.

Cette voie est la plus directe du comparatif lorsque la preuve doit épouser un fonctionnement propre à l’usine. Elle permet aussi de brancher ensuite une détection d’anomalies ou une prévision, sans perdre le calcul de référence qui justifie le dossier.

Entras : optimiser les actifs, pas seulement les observer

Entras se présente comme une couche d’optimisation au-dessus des EMS, SCADA et contrôles locaux. Son logiciel relie plusieurs actifs énergétiques, les contraintes de production et les signaux de marché. Ses services incluent aussi des feuilles de route CO₂ et des simulations techniques et financières.

Cette voie devient pertinente quand le projet ne consiste pas seulement à remplacer un équipement, mais à piloter ensemble chaleur, électricité, stockage ou flexibilité. Le test doit alors porter sur une semaine industrielle difficile : pic de production, maintenance, prix élevés et contrainte de qualité. L’économie n’est crédible que si la simulation respecte le procédé.

Demandez deux sorties distinctes. La première explique le gain énergétique ou carbone du projet. La seconde montre la valeur liée au marché ou au déplacement de charge. Les confondre donnerait un chiffre séduisant mais difficile à défendre dans le dossier.

Siemens : descendre jusqu’à la machine et au produit

SIMATIC Energy Manager collecte et analyse la consommation des machines, lignes et sites. Siemens présente des déploiements sur serveur, Industrial Edge ou cloud, ainsi que des interfaces vers les environnements industriels et des indicateurs tels que le kWh par produit ou le CO₂ par unité.

Cette voie convient à un site qui possède déjà un environnement Siemens ou veut rapprocher les données énergie du contexte de production. Le test ne doit pas s’arrêter à un tableau de bord journalier. Choisissez une ligne qui change de série, connaît des arrêts et produit des rebuts. Vérifiez que le dénominateur du KPI reste explicable.

Un bon essai doit aussi montrer la réconciliation entre sous-comptage et compteur principal. Les pertes, décalages horaires et trous de données doivent apparaître comme des écarts à traiter, pas être lissés silencieusement.

Schneider Electric : consolider plusieurs sites et ressources

EcoStruxure Resource Advisor centralise des données d’énergie et de durabilité à l’échelle d’une entreprise. Schneider Electric met en avant plus de 400 flux possibles, le suivi des consommations, les alertes, le pilotage de projets d’efficacité et le reporting sur l’énergie, l’eau, les déchets ou les émissions.

Cette voie devient cohérente quand la direction doit comparer plusieurs sites ou relier le projet industriel à un programme de durabilité plus large. Le pilote doit suivre une donnée depuis son import jusqu’au rapport consolidé. Il faut voir son unité, sa période, son propriétaire, les transformations appliquées et les projets qu’elle alimente.

Le test le plus révélateur est une correction. Modifiez une facture ou un relevé après validation provisoire. Le système doit montrer quelles vues et quels rapports changent, qui doit revalider et quelle ancienne valeur reste consultable.

Ce que l’IA peut faire — et ce qu’elle ne doit pas effacer

L’IA apporte de la valeur quand elle accélère un contrôle visible. Elle peut signaler une consommation atypique, proposer une correspondance entre un arrêt et une dérive, détecter un trou de mesure ou préparer le commentaire mensuel. Elle peut aussi aider à prévoir une référence ajustée aux volumes de production.

Elle ne doit jamais remplacer silencieusement une mesure, choisir seule un facteur d’influence ou produire un gain annuel impossible à recalculer. Pour chaque sortie assistée, conservez l’entrée, la version du modèle ou de la règle, la proposition, la correction humaine et la valeur finalement validée.

Le test qui tranche en dix jours

Donnez aux candidats les mêmes trente jours de compteurs, volumes, arrêts et consignes. Demandez le même KPI, la liste des anomalies et un export complet. Retenez la voie que l’auditeur et le responsable de production peuvent expliquer ensemble.

Huit exigences à placer dans le devis

Le dossier de financement et le suivi futur doivent utiliser la même chaîne de preuve. Avant de signer, imposez ces exigences :

  • chaque compteur et source possède un identifiant, une unité, un fuseau horaire et un propriétaire ;
  • la période de référence reste figée et versionnée ;
  • les facteurs d’influence et formules sont lisibles sans dépendre d’un modèle d’IA ;
  • les données absentes sont signalées, jamais comblées sans règle visible ;
  • chaque correction conserve la valeur d’origine, le motif, la date et l’auteur ;
  • le calcul peut être rejoué sur un mois fermé avec le même résultat ;
  • les mesures, pièces et validations sont exportables dans un format exploitable ;
  • l’auditeur AMUREBA valide la méthode avant l’automatisation à grande échelle.

La décision à prendre cette semaine est simple. Confirmez d’abord l’éligibilité et le projet inscrit au plan d’action. Choisissez ensuite un seul indicateur déjà reconnu par l’auditeur et rejouez-le sur trente jours réels. La bonne voie est celle qui expose ses écarts, conserve les corrections et permet au responsable de production comme à l’auditeur de retrouver le même résultat.

Repères

Questions fréquentes.

Une PME hors Convention Carbone peut-elle répondre à cet appel ?

Non selon le communiqué du 9 juillet : l’entreprise doit être inscrite en Convention Carbone, disposer d’un plan d’action validé et y retrouver explicitement le projet proposé.

Un logiciel de suivi énergétique remplace-t-il l’audit AMUREBA ?

Non. La méthodologie, les hypothèses, les mesures et l’analyse technico-économique relèvent du cadre AMUREBA et des intervenants qualifiés. Le logiciel prépare, relie et conserve les données.

Où l’IA peut-elle être utile sans fragiliser le dossier ?

Pour détecter des données manquantes, rapprocher production et consommation, signaler une dérive ou préparer un commentaire. La mesure brute, la formule et la validation humaine doivent rester visibles.

Quel test demander avant de choisir ?

Faire rejouer un mois réel à partir des compteurs, d’un export de production et des facteurs d’influence. Le résultat doit expliquer chaque correction et reproduire le KPI attendu.

Sources.

Tout est vérifiable. Si vous trouvez une donnée qui ne colle pas, dites-le, on corrige et on date l'erratum.

  1. Primaire 2026-08-02
  2. Primaire 2026-08-02
  3. Primaire 2026-08-02
  4. Primaire 2026-08-02
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  6. Primaire 2026-08-02
  7. Primaire

    EcoStruxure Resource Advisor

    Schneider Electric

    2026-08-02